Le Canada se souvient - Édition 2014 - Page 1

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La Grande Guerre, 100 ans plus tard

Troupes canadiennes au retour des tranchées.
(Photo : MCG – Collection d’archives George Metcalf)

Cette année marque le 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, un conflit qui a changé le cours de l’histoire. Les répercussions de cette guerre, la plus sanglante à avoir eu lieu jusque-là, ont entraîné la disparition d’empires plusieurs fois centenaires, ont redessiné les frontières et ont ébranlé la société.

La Première Guerre mondiale a éclaté le 4 août 1914. Puisque la Grande-Bretagne avait déclaré la guerre à l’Allemagne, le Canada, qui faisait alors partie de l’Empire britannique, était aussi en guerre. Beaucoup de Canadiens ont accueilli cette nouvelle avec enthousiasme et ils se sont empressés de s’enrôler afin de ne pas rater cette aventure glorieuse qui, selon eux, prendrait fin avant Noël. Mais la situation a tourné au tragique : les hostilités se sont poursuivies pendant plus de quatre ans sur des champs de bataille macabres balayés par les tirs mortels des mitraillettes et de l’artillerie, et envahis par des gaz toxiques. Plus de 650 000 Canadiens et Terre-Neuviens ont combattu dans la Première Guerre mondiale, et plus de 66 000 d’entre eux ont péri.

Nos soldats ont fait de grands sacrifices, mais leur courage et leur expérience durement acquise leur ont valu la réputation d’être parmi les meilleurs du front occidental. Ils ont remporté d’impressionnantes victoires à des endroits tels que la crête de Vimy et le village de Passchendaele et au cours des « cent jours du Canada », une série de batailles qui ont eu lieu à la fin de la guerre.

Des activités commémoratives entourant le centenaire de la Première Guerre mondiale seront tenues au Canada et à l’étranger entre 2014 et 2018. Que ferez-vous pour souligner ce centenaire?

Un siècle de service militaire

Insigne du PPCLI.
(Photo : MDN)

Deux des régiments les mieux connus au Canada célèbrent leur 100e anniversaire cette année. Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté en 1914, nos forces armées ont dû croître rapidement, et de nouvelles unités ont été créées.

Andrew Hamilton Gault, homme d’affaires montréalais et vétéran de la guerre d’Afrique du Sud, a offert de financer personnellement la création d’un nouveau régiment en août 1914. Le nom du régiment, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, a été choisi en l’honneur de la fille du gouverneur général de l’époque. Rapidement, des volontaires se sont manifestés, et presque tous les premiers 1 100 hommes acceptés possédaient de l’expérience militaire. Ce régiment d’infanterie légère a été la première unité de combat canadienne à atteindre le front occidental, et ses hommes ont pris part à de violents combats tout au long du conflit.

Insigne du Royal 22e Régiment.
(Photo : MDN)

Lorsque la guerre a été déclarée, notre armée était composée majoritairement d’anglophones. Bientôt, la pression se fit sentir pour créer un régiment particulier pour les Canadiens français. Arthur Mignault, médecin et homme d’affaires du Québec, a offert de financer la formation de ce régiment, et au mois d’octobre 1914, le 22nd (French Canadian) Infantry Battalion a été créé.

Près de 6 000 hommes ont servi dans ce bataillon d’infanterie au cours du conflit. Peu après la guerre, on a honoré ce régiment en le renommant le Royal 22e Régiment.

La Première Guerre mondiale n’était que le début de la contribution exceptionnelle des « Patricias » et des membres du Royal 22e aux efforts de guerre et aux missions de paix auxquels le Canada a participé au cours du dernier siècle.

Le service militaire et la Chambre des communes

Il y a de nombreuses façons de servir son pays. Pour certaines personnes, une façon ne suffit pas! Chose étonnante, depuis la Confédération, plus de 750 députés fédéraux ont aussi servi dans les forces militaires du Canada, soit presque un cinquième de tous les politiciens à l’échelon fédéral au fil des ans. Nous vous présentons ici quelques-uns de ces citoyens dévoués.

George Baker

George Baker.
(Photo : Anciens Combattants Canada)

Né au Québec en 1877, George Harold Baker a été élu à la Chambre des communes en 1911. Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, cet avocat était député de la circonscription de Brome. Il s’est enrôlé en mai 1915 et s’est battu sur les lignes de front avec les fusiliers à cheval du 5e Bataillon du Canadian Mounted Rifles. Il est mort au combat à Ypres, en Belgique, en juin 1916. George Harold Baker est le seul parlementaire mort au combat pendant la guerre. Une statue de bronze à son effigie trône dans le foyer de la Chambre des communes.


Milton Gregg

Milton Gregg.
(Photo : Ministère de la Défense nationale)

Milton Gregg est né au Nouveau-Brunswick en 1892. Il était étudiant à Halifax au moment où il s’est enrôlé, en 1914, pendant la Première Guerre mondiale. Il a été blessé plusieurs fois et a reçu la Croix militaire et la Croix de Victoria. Il s’est enrôlé de nouveau pendant la Seconde Guerre mondiale et, plus tard, il a été élu député de la circonscription de York–Sunbury. L’Université du Nouveau-Brunswick a nommé le Gregg Centre for the Study of War and Society en son honneur.


Un brave et téméraire soldat canadien d’origine autochtone

Médaille de conduite distinguée.
(Photo : Anciens Combattants Canada)

George McLean est né à Kamloops, en Colombie-Britannique, en 1875. Cet éleveur, membre de la bande Head of the Lake dans le district d’Okanagan, a servi dans le Canadian Mounted Rifles pendant la guerre d’Afrique du Sud.

Il s’est enrôlé à nouveau pendant la Première Guerre mondiale à l’âge de 41 ans. En avril 1917, au cours de la bataille de la crête de Vimy, McLean a lancé une audacieuse attaque et a fait, à lui seul, 19 prisonniers allemands. À la suite de cet acte de bravoure, le soldat McLean a reçu la Médaille de conduite distinguée, soit la deuxième distinction en importance qui récompense la bravoure pendant la guerre.

Touché au bras par un tireur d’élite au cours de la même journée, il a été renvoyé passer sa convalescence au Canada. Il a continué de servir courageusement d’une nouvelle façon en devenant pompier dans la région de Vancouver. George McLean est décédé en 1934.

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